La Gynécomastie

Gynécomastie – Intervention chirurgicale chez l’Homme

La gynécomastie correspond à un excès de glande mammaire chez l’homme. Les enfants peuvent être concernés dès la naissance, et parfois avec un seul sein anormalement gros. C’est une pathologie fréquente, qui est souvent mal vécue, à l’origine d’un retentissement social et psychologique, voire sexuel, d’autant plus si elle apparaît au moment de l’adolescence. Ainsi, les patients touchés rapportent souvent des difficultés à se déshabiller ou à se mettre en maillot, évitant les activités de piscine ou de bains.

Dans les cas de gynécomastie « essentielle » (sans cause retrouvée), situation la plus fréquente, elle peut être retirée grâce à la chirurgie réparatrice. Dans certains cas, et en fonction du retentissement et du vécu de la gynécomastie (« intervention réalisée après bilan endocrinien, après la puberté, pour gynécomastie accusée, pouvant poser un problème d’ordre sexuel ou psychologique (en particulier gynécomastie asymétrique, douloureuse, avec distension aréolaire »), une prise en charge partielle ou totale par les organismes d’Assurance-Maladie (Sécurité Sociale, Mutuelles, Assurances Privées) est possible.La cure de gynécomastie peut être réalisée à tout âge, à condition qu’un bilan soit réalisé.

Le bilan préalable de la gynécomastie

La cause de la croissance anormale des glandes mammaires reste la plupart du temps inconnue, elle est alors dite gynécomastie « essentielle ». Toutefois, des pathologies peuvent entraîner une gynécomastie, et doivent être recherchées avant l’intervention par un bilan endocrinien adapté pour être éliminées. Ainsi, on recherchera : une obésité, un cancer des testicules, un problème hormonal, une tumeur du sein.

Le bilan est radiologique, clinique, et hormonal, et peut être prescrit par le chirurgien plasticien en collaboration avec un endocrinologue ou bien par votre médecin traitant :

  • Palpation des testicules (Cancers + atrophie)
  • Radios pulmonaires (problème médiastinal + pulmonaire )
  • Échographie abdominale (problème rénal + surrénal + hépatique)
  • NFS + VS
  • Glycémie
  • Bilan lipidique
  • ASAT + ALAT + Gamma-GT (problème hépatique)
  • TSH (Hyperthyroïdie)
  • FSH + Testostérone (Syndrome de Klinefelter)
  • Cortisol (Maladie d’Addison)
  • Somatotropine (Growth Hormone, Acromégalie)

Les principes de l’intervention de gynécomastie

Une fois le caractère « essentiel » de la gynécomastie confirmée, l’intervention a pour but de diminuer le volume des seins, et d’enlever le noyau glandulaire éventuel. Ceci est réalisé par une lipoaspiration, éventuellement associée à un geste de résection chirurgical de la glande (le fait « d’enlever ») par le biais d’incisions cutanées d’importance variable.
Lors de la consultation pré-opératoire, le Dr Poupon analyse les seins et le thorax.

La composante plus ou moins graisseuse ou glandulaire de la gynécomastie est évaluée, de même que son importance, et la qualité de la peau sus-jacente (distension, élasticité, vergetures…) est appréciée. Le geste, la technique, et les cicatrices seront fonction de ces différents critères.

Tout ceci vous sera expliqué lors de la consultation avec le Dr Poupon, avec des informations personnalisées et adaptées à votre cas, de nombreux critères intervenant dans la décision opératoire et le choix de la technique.
L’anesthésie générale est la règle, dont les modalités vous seront précisées lors de la consultation de pré-anesthésie.
Des examens pré-opératoires sont habituellement nécessaires : certains systématiques (prise de sang), d’autres fonction de vos antécédents (radiographie pulmonaire, électrocardiogramme).

L’intervention de Gynécomastie

L’entrée à la Clinique se fait la veille ou le jour même de l’intervention. Des dessins pré-opératoires et des mesures serviront de repères pendant l’opération. Ceux-ci sont réalisés tranquillement par le Dr Poupon dans l’intimité de votre chambre avant l’intervention, et ne vous retrouve pas au dernier moment au bloc opératoire.
L’intervention est généralement réalisée sous anesthésie générale.

Dans un premier temps est réalisée une lipoaspiration large de la gynécomastie, les canules étant introduites à distance par de toutes petites incisions (de 3 à 4 mm). La lipoaspiration va permettre de diminuer sa composante graisseuse, la composante glandulaire éventuelle n’étant que peu ou pas « aspirée ».
En fin de lipoaspiration, si un noyau glandulaire résiduel conséquent est perçu à la palpation, une incision cutanée hémi-aréolaire inférieure (au pourtour inférieur de l’aréole) est alors réalisée pour permettre sa résection (le fait de l’enlever).

Le plus souvent, il n’y a pas nécessité d’enlever de la peau, le redrapage des tissus cutanés se faisant habituellement spontanément après l’intervention. La rétraction de la peau (en excès relatif du fait du volume initial) a d’autant plus lieu qu’elle est favorisée par la lipoaspiration, et que le patient est jeune avec une peau élastique de bonne qualité, non vergeturée.

Dans de rares cas, notamment lorsqu’il existe un aspect « tombant » du sein, il peut être nécessaire de réaliser une cure de « ptose » associée dans le même temps opératoire, se traduisant au final par une cicatrice péri-aréolaire (autour de l’aréole), ou à la fois péri-aréolaire et verticale sous l’aréole. Ce geste peut toutefois être réalisé dans un second temps, en fonction du redrapage de la peau après lipoaspiration seule.

La fermeture des sutures est réalisée avec des fils résorbables invisibles. Un drainage est préalablement mis en place si un geste de cure de ptose a été réalisé. En fin d’intervention, un pansement semi-compressif est initialement confectionné, qui sera remplacé par la suite par un « body » de contention.
En fonction de la technique utilisée et de l’importance du geste à réaliser, l’intervention peut durer de 30 minutes à 2h00.

Après l’intervention, des calmants vous seront administrés pour limiter les douleurs. Le lever est réalisé dès que possible. En fonction de l’anesthésie, du geste réalisé, et du patient, la sortie est possible le soir même, ou le lendemain de l’intervention, après réfection du pansement par le Dr Poupon, et mise en place « body »de contention thoracique, qui devra être porté durant au moins six semaines.

Les suites opératoires

Le temps nécessaire pour récupérer et se remettre d’une lipoaspiration est proportionnel à la quantité de graisse qui a été retirée. Il est de plus variable d’un individu à l’autre.
Les zones traitées sont initialement le siège de « bleus » (ecchymoses) et d’œdème (gonflement), qui disparaîtront en quelques semaines. L’aspect tuméfié et irrégulier du thorax à l’ablation du pansement disparaît en quelques semaines.

La gêne et la douleur sont le plus souvent modérées, on parle d’avantage « d’inconfort « . Une fatigue peut être ressentie les premiers jours, d‘autant si la quantité lipoaspirée a été importante. C’est pourquoi une interruption d’activité de 4 à 7 jours est conseillée après l’intervention. Il n’y a pas de fils à retirer.

Bien évidemment, le Dr Poupon vous reverra régulièrement en consultation dans les suites afin de s’assurer de la bonne cicatrisation et évolution.
Il faudra attendre 3 à 6 mois pour avoir une bonne idée du résultat définitif, temps nécessaire pour la disparition totale de l’œdème et pour que la peau se rétracte et se réadapte complètement sur les nouveaux galbes. De même, une insensibilité transitoire peut être observée au niveau des mamelons, qui récupérera progressivement.

Les incidents et complications

Les ecchymoses, habituelles, disparaissent en quelques semaines. Les hématomes et les infections sont rares, tout comme une accumulation de lymphe pouvant nécessiter une ponction. Les troubles éventuels de la sensibilité cutanée régressent quant à eux en quelques semaines.
La cicatrice est habituellement très fine, mais peut grossir de manière très importante lorsqu’elle évolue sur un mode chéloïdien.

Comme pour toute chirurgie ou anesthésie, il peut exister d’autres complications exceptionnelles ou inattendues.
Des « retouches » sont parfois nécessaires, mais rares, et peuvent alors permettre de retirer l’excès de peau résiduel qui ne se serait pas redrapé spontanément après lipoaspiration seule de la gynécomastie.